CONSEILS DE REGLAGES

Propos sur l'olonnois

          Un voilier aurique ou semi-houari, remonte en principe moins bien le vent qu’un voilier marconi. C’est souvent vrai. Dans le cas de l’Olonnois, la théorie est en défaut, comme bien souvent en matière de bateau à voile.

          Il faut cependant régler attentivement sa voilure et son gréement et barrer avec soin.

1 – Sur le plan du réglage :

          Il faut insister sur l’importance d’avoir une draille aussi droite et rigide que possible, pour éviter qu’elle ne prenne de la flèche, ce qui nuit considérablement à la marche au plus près.

          Tendez vos haubans énergiquement et la draille encore plus, quitte à attirer un tout petit peu la tête du mât vers l’avant, l’effort inverse de la mâchoire de corne et de la drisse de pic corrigera cette faible déformation en navigant.

2 – Sur le plan de la technique de navigation, quelques rappels :

          Le bateau est petit, il est donc rapidement influencé par l’état de la mer et oscille vite sur les lames courtes, ce qui le freine d’autant plus qu’il les aborde de front lorsqu’on cherche à trop serrer le vent. Laissez porter, la vitesse prime dans ce cas là, barrez bien à la lame, ce qui est fatiguant et demande beaucoup d’attention évidemment. Vous ne ferez de toute manière pas un très bon près, personne n’y peut rien, tous les petits voiliers en sont là.

  • Lorsque l’eau est calme ou la houle très longue, le bateau peut et doit faire un prés serré excellent, dans des conditions de vent moyen. Les voiles doivent être correctement établies : étarquées à fond. Elles doivent être bordées assez plat, ceci d’autant plus que le vent est plus fort ; la bôme doit être aussi proche que possible de l’axe du bateau par faible souffle et s’en éloigner peu à peu lorsque le vent augmente.
  • Il faut une bonne girouette et aussi des penons dans les haubans.
  • La gîte n’est pas favorable et si vous avez du monde à bord, profiter-en. Elle rend le bateau plus ardent et de ce fait exige un angle de barre plus important qui le freine.
  •  Dans les risées, sachez « piper », c’est à dire laissez votre bateau soulager de lui-même en lui permettant de lofer un peu ; avec sa vitesse il gagne dans le lit du vent. Cela suppose une voilure bien réglée avec les écoutes tournées, et une attention soutenue pour éviter que le foc ne prenne à contre ce qui freine le bateau, donc exige de limiter l’aulofée à bon-escient.

          Il n’y a rien dans ces propos de spécifique à l’Olonnois me direz-vous. C’est vrai, mais il n’y a pas de révolution en la matière. Ce qui est spécifique pour l’Olonnois, c’est précisément sa capacité de faire un près excellent ! Ceci, sans qu’il soit besoin de modifier quoi que ce soit. J’en sais quelque chose puisque précisément j’ai fait des modifications : elles n’ont amélioré la marche de mon bateau au près que dans des conditions qui ne sont plus tout à fait celles d’emploi standard de ce bateau : navigation par fort vent, en petite croisière, seul le plus souvent.

          Je n’en parlerai donc pas, car il n’y a pas lieu de déformer l’idée initiale du créateur de cet excellent voilier : bateau de promenade rapide pour sa taille, stable, sûr et solide, à utiliser comme tel.

          L’usage que j’en fait prouve seulement que le but est atteint et qu’il est, en usage courant, largement au-dessous de ses possibilités.

          Cela me permet aussi de dire, qu’à condition d’être très prudent, très lentement progressif dans ses ambitions, pas trop douillet, on peut si on le désire s’initier à la croisière avec ce bateau ; cela ne demande que de minimes arrangements.

          Au cours de ses mille premiers milles parcourus en trois saisons, pas une seule fois je n’ai eu à me reprocher le choix difficile que j’ai fait entre tant de bateaux de catégories voisines, en 1961.

          Bien souvent au contraire je m’en suis félicité et, je pourrais vous en dire long à ce propos !

          Bon vent à tous, soignez bien votre gréement, et si vous n’avez plus assez de sous pour vous acheter aussi des bonbons, vendez votre moteur.

Fr. TEILLET

Annexes : Avancer le pied du mât sur l’avant en mettant dans l’emplanture: 5 cales sur l’arrière, 2 sur l’avant.

Ensuite tendre au maximum les 2 haubans avant puis les 2 haubans arrière en même temps que la draille. Le gréement doit être très rigide. La draille doit vibrer comme une corde à piano.

Mettre le filoir du Génois à environ 5 cm en AR de la fin de l’hiloire du roof et tout contre la lisse.

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